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RÉSEAU SOCIAL SOLIDAIRE

Solidarité des universitaires, des intellectuels et des artistes avec les Gilets Jaunes !

Source et pétition : Change.org

La présente pétition est ouverte à la signature de toutes les citoyennes et tous les citoyens qui en approuvent les termes et les idées.

Nous ne serons pas les chiens de garde de l’État !

Solidarité des universitaires, des intellectuels et des artistes avec les Gilets Jaunes !

Qui aurait cru qu’un gilet suffirait à ébranler l’État ?

Nous assistons depuis deux mois à un mouvement populaire de grande ampleur soutenu par une grande partie des Français. Ce mouvement a pris le gilet jaune comme symbole. Ce gilet de sauvetage qui signale le danger est devenu un cri de ralliement contre la casse sociale en marche : "ne nous écrasez pas" ! Il permet de rendre visibles ceux qui restent d’ordinaire invisibles. En occupant pacifiquement des ronds-points, les Gilets Jaunes s’inspirent à leur manière des occupations d’usines de Juin 36 et de Mai 68, et de mouvements de contestation plus récents comme les Printemps arabes, les Indignés espagnols ou Occupy aux USA.

Le mouvement des Gilets Jaunes a montré à nouveau que, face à un pouvoir prêt à tout pour imposer ses "réformes", seule la lutte permet de gagner : occuper, bloquer, manifester, toucher les lieux sensibles de l’État, de l’économie, de la finance. Tisser des liens, inventer des solidarités, s’organiser pour tenir, fédérer les colères, rechercher des convergences, créer de nouvelles formes de résistance, penser de nouvelles manières de faire de la politique.


Confronté à ce mouvement, l’État a choisi la voie de la répression policière et judiciaire. Il envisage désormais de ficher les manifestants pour pouvoir procéder à des interpellations préventives. Alors que les armes employées par la police ont déjà entraîné blessures et mutilations chez des dizaines de manifestants, de nouvelles consignes d’"extrême fermeté" viennent d’être données aux préfets et aux procureurs. Pour justifier cette politique de confrontation brutale, les autorités s’efforcent par tous les moyens de discréditer les Gilets Jaunes. Ainsi, Emmanuel Macron les a stigmatisés comme une "foule haineuse" qui serait à la fois xénophobe, homophobe et antisémite… L’État peut compter sur la complicité de certains médias qui montent en épingle le moindre incident pour faire passer les Gilets Jaunes pour des racistes et des fascistes. Il peut également compter sur ses chiens de garde, ces intellectuels médiatiques qui se sont empressés de les dénoncer comme des "barbares" et des "gilets bruns". L’un d’eux vient même de féliciter la police pour avoir "sauvé la République" !

Beaucoup d’universitaires, d’intellectuels (enseignants, chercheurs, etc.) et d’artistes s’en sont tenus jusqu’à maintenant à un silence prudent, y compris ceux qui affichent leur sympathie pour la gauche et l’extrême-gauche. Sans doute parce que ce mouvement échappe aux catégories habituelles du jugement politique – imprévisible, inclassable, comme Mai 68 en son temps, comme tout événement historique digne de ce nom. Certains ont pris position en faveur de ce mouvement populaire, mais leur parole est ignorée par les médias dominants. C’est ce silence que nous voulons contribuer à briser, en affirmant publiquement notre solidarité avec les Gilets Jaunes et en appelant les intellectuels, les universitaires et les artistes à les rejoindre.

Il s’agit certes d’un mouvement hétérogène, traversé de multiples contradictions, et qui fait l’objet de tentatives d’infiltration et de récupération de la part de l’extrême-droite. Il importe de demeurer vigilants face à toute dérive complotiste, raciste ou homophobe. Mais ces dérapages restent le fait d’une petite minorité et ne peuvent en aucun cas servir de prétexte pour déconsidérer l’ensemble des Gilets Jaunes. Tout en condamnant sans réserve les menaces de mort envers des élus ou envers des Gilets Jaunes accusés de "trahison", nous contestons l’usage indifférencié du terme violence qui confond les violences physiques contre les personnes, qui sont inacceptables, et les dégradations de biens (voitures brûlées, vitrines brisées ou porte de ministère enfoncée…) qui accompagnent toujours les soulèvements populaires. Sans oublier que, comme l’écrivait Brecht, On dit d’un fleuve emportant tout qu’il est violent / Mais on ne dit jamais rien de la violence / Des rives qui l’enserrent.

Le mouvement des Gilets Jaunes est né d’une exigence d’égalité et de justice, d’une protestation contre la destruction du "modèle social français" et la précarisation de larges couches de la population, encore accélérées par les réformes d’inspiration néo-libérale menées au pas de charge et sans concertation par Emmanuel Macron. Ce mouvement témoigne d’une demande de reconnaissance, de la volonté d’être écouté et respecté, face à l’arrogance méprisante d’un gouvernement de technocrates qui se jugent "trop intelligents, trop subtils" pour être compris par un peuple d’"illettrés", de gens "qui ne sont rien".

En partant d’une révolte anti-fiscale, le mouvement des Gilets Jaunes a connu une politisation rapide qui s’est effectuée en dehors de tous les partis. On a assisté à l’émergence de revendications radicales portant sur les institutions et l’exercice du pouvoir. En se référant aux traditions historiques de la Révolution française (cahiers de doléances, appel à des États Généraux, "marche des femmes"…), les Gilets Jaunes ont réveillé l’idée de citoyenneté active fondée sur la compétence du peuple. On commettrait une grave erreur en condamnant comme "populistes" ou réactionnaires leur revendication de "référendum d’initiative citoyenne" ou l’appel des Gilets Jaunes de Commercy à créer partout des "comités populaires" de citoyens et à les fédérer dans une "assemblée des assemblées". L’exigence d’une expression directe de la volonté populaire, la revendication d’un contrôle des élus par leurs électeurs qui les soumettrait à un mandat impératif et révocable : tout cela appartient à la tradition démocratique et révolutionnaire, depuis les Sans-Culottes, la Révolution de 1848 et les Communards jusqu’aux Conseils ouvriers du XX° siècle.Le refus de toute délégation de pouvoir qui caractérise la plupart des Gilets Jaunes s’inscrit dans la même tradition, celle de la démocratie radicale et libertaire, ravivée par la mémoire des révoltes trahies.

Aujourd’hui, le mouvement des Gilets Jaunes est à la croisée des chemins. Même s’il ne doit pas être surestimé, le risque existe que l’extrême-droite arrive à lui imposer son orientation autoritaire, haineuse et xénophobe. C’est la responsabilité historique de la gauche de ne pas lui laisser le champ libre.

Pour toutes ces raisons, nous appelons les universitaires, les intellectuels et les artistes fidèles aux idéaux d’émancipation à soutenir activement les Gilets Jaunes, à relayer leurs revendications et à les rejoindre dans la lutte.

Liste des premiers signataires :

Naïm Aït-Sidhoum, cinéaste
Karen Akoka, maitresse de conférences en science politique, Université Paris Nanterre
Michel Andrieu, cinéaste
Armelle Andro, professeure de démographie.
Hervé Amiot, doctorant en géographie, Paris
Jean-Loup Amselle, directeur d’études à l’Ecole des hautes études en sciences sociales, Paris
Fabien Archambault, Université de Limoges
Valerie Arnhold, doctorante en sociologie et ATER à l’Université Paris Dauphine
Stéphane Arnoux, cinéaste
Nicolas Aude, ATER en littérature comparée, Université de Lille
Michel Barthélémy, Sociologue, CNRS, Paris
Yves Baumgarten, professeur de philosophie en lycée

Stéphane Beaud, sociologue, université de Poitiers
Emma Ben Abdallah, Doctorante en droit, Université Lumière Lyon 2
Maxime Benatouil, militant à l’Union juive française pour la paix
Judith Bernard, metteure en scène, enseignante
Alain Bertho, anthropologue, université de Paris 8
Bertrand Binoche, professeur de philosophie à l’université Paris 1-Panthéon-Sorbonne
Thierry Boissière, anthropologue, Université Lumière Lyon 2
Robert Bonamy, maître de conférences à l’Université Grenoble Alpes et éditeur
Véronique Bontemps, anthropologue, chargée de recherche au CNRS
Mathieu Bonzom, MCF en anglais, Université Paris 1 Panthéon Sorbonne
Anne Bory, sociologue, Université de Lille
Jean-Claude Bourdin, philosophe, professeur émérite à l’université de Poitiers
Hugo Bouvard, ATER en science politique, Université Paris-Dauphine
Gérard Bras, professeur de philosophe, Paris
Thibaut Brouillet, MCF en psychologie cognitive, Université
Nicolas Brusadelli, enseignant et doctorant en sociologie, Université de Picardie
Muriel Buff, militante féministe
Fanny Bugeja-Bloch, maîtresse de conférences en sociologie, Nanterre
Élise Bulatović, professeur d’espagnol, Bordeaux
Nawar Bulbul, acteur et metteur en scène
Pascal Buresi, CNRS, EHESS
François Burgat, politologue, Aix-en-Provence
Pierre-Yves Cadalen, doctorant en science politique, CERI Sciences Po
Natacha Calandre, humanitaire, chercheure associée à l’EHESS
Juan Sebastian Carbonell, docteur en sociologie, Paris 1
Zoe Carle, docteure en littérature comparée
Vanessa Caru, CNRS.
Manuel Cervera-Marzal, sociologue, Université d’Aix-Marseille
Vincent-Arnaud Chappe, sociologue, chercheur au CNRS
Julie Chapuis, docteure en études politiques de l’EHESS
Martine Charageat, historienne, Université de Bordeaux
Alice de Charentenay, docteure en littérature française, Paris 1
Samia Charkioui, docteur en cinéma, cinéaste, Université Jean Jaurès, Toulouse
Charlène Charles, sociologue
Olivier Christin, historien, directeur d’études à l’Ecole pratique des hautes études, Paris
Guillaume Christophel, musicien
Isabelle Clair, chargée de recherche au CNRS
Hadrien Clouet, chercheur postdoctorant, sociologue
James Cohen, Professeur, Monde anglophone, Sorbonne Nouvelle Paris 3



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