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![]() 10 raisons de dépénaliser le délit d’outrage![]() Source : CODEDO (COllectif pour une DEpénalisation du Délit d’Outrage) / Mardi 2 décembre 2008
Le collectif Codedo, réunissant des personnes poursuivies pour outrage, dont certains cas très médiatisés, a lancé, lundi 1er décembre à Laval, une pétition pour réclamer l’abolition de ce délit qui constitue, selon eux, "une atteinte à la liberté d’expression" et "une rupture d’égalité entre citoyens". Les participants ont été accueillis dans une maison de quartier de Laval par le militant altermondialiste mayennais Hervé Eon, condamné début novembre à une "amende de principe" de 30 euros pour offense au chef de l’Etat parce qu’il avait brandi en août une affichette portant la mention "Casse-toi pov’con" devant la voiture de Nicolas Sarkozy. D’UN POINT DE VUE JURIDIQUE1) L’injure à un représentant de l‘autorité publique ne devrait pas être punie plus sévérement que l’injure à n’importe quel citoyen. Si l’outrage n’est qu’une injure faite à la personne (c’est presque toujours le cas), il doit devenir une simple contravention punie d’une amende minime. Dans les plaintes pour outrage, c’est l’institution que la loi entend protéger, non la personne, qui passe au second plan. L’outrage est d’ailleurs répertorié dans le chapitre du Code pénal consacré aux atteintes à l’administration publique. *** La dépénalisation du délit d’outrage n’empêcherait nullement un professeur, un inspecteur du travail ou un policier injurié (par exemple) de porter plainte contre une personne dans le cadre de son travail. 2) L’outrage constitue une rupture d’égalité entre citoyens, en contradiction avec l’article 1 de la Constitution, stipulant que "La République assure l’égalité devant la loi de tous les citoyens sans distinction d’origine." Or, en cas de plainte pour abus d’autorité d’un simple citoyen contre un représentant de l’autorité publique [art. 432 du Code pénal réprimant les atteintes à la liberté individuelle], on sait bien que la plupart des plaignants sont systématiquement déboutés. 3) Une aberration de droit : l’agent constatateur est en même temps la "victime". Devant un tribunal, c’est parole contre parole. Celle du fonctionnaire assermenté contre celle du citoyen lambda. Se pose donc le problème de la preuve. Et l’on sait que la balance de la Justice penche presque toujours du côté du fonctionnaire assermenté (alors que théoriquement, le rôle du Parquet est de contrôler l’action de la police). 4) Le délit d’outrage constitue un exception française. D’UN POINT DE VUE DEONTOLOGIQUE : DES DERIVES INTOLERABLES ET INQUIETANTES5) L’outrage est très souvent utilisé par les policiers (ou les gendarmes) pour couvrir les violences policières. (L’individu nous a agressés, nous avons été bien obligés de nous défendre…) Lire ici ce qui est arrivé à Patrick Mohr à Avignon le 24 juillet 2008. 6) L’outrage est utilisé à des fins mercantiles par des policiers qui "arrondissent leurs fins de mois" en se portant partie civile. 7) L’outrage est une infraction pratique pour faire grimper le taux d’élucidation des infractions. En France, les policiers sont soumis à des politiques de résultat drastiques (notamment depuis le passage de Sarkozy à l’Intérieur) et à la nécessité de "faire du chiffre". Quand on sait que dans les affaires d’outrage le taux d’élucidation atteint 99,42% (0,58% des personnes poursuivies relaxées), on comprend tout l’intérêt pour un policier de déposer une plainte pour outrage. On aurait néanmoins tort de croire que tous les policiers acceptent cet état de fait, comme on pourra le voir sur le site Regardeavue. Le cas de Jean-Pierre Havrin, commissaire de police de Toulouse viré en 2004 par le ministre Sarkozy, est aussi très éloquent. D’UN POINT DE VUE POLITIQUE8) L’outrage participe à une pénalisation des rapports sociaux. 9) L’outrage constitue une atteinte flagrante à la liberté d’expression. *** Rappelons que M. Sarkozy est le seul président de la Ve République à avoir porté plainte contre un citoyen (à l’exception de Charles de Gaulle, qui l’avait fait à 5 reprises, dans des circonstances il est vrai politiquement "troubles" – guerre d’Algérie). D’UN POINT DE VUE PHILOSOPHIQUE10) Enfin, ainsi que l’a brillamment exposé Thierry Lévy dans sa plaidoirie lors du procès de Maria Vuillet, comment peut-on encore poursuivre un citoyen pour outrage dans un pays où le président de la République utilise un langage de charretier et ne se prive pas d’injurier les citoyens ? *** A ceux qui nous accuseraient d’être de DANGEREUX UTOPISTES, rappelons, parmi la liste des délits "chassés" du Code pénal : l’outrage envers les cultes reconnus par l’Etat, l’offense à la morale religieuse, l’outrage à la morale publique et aux bonnes mœurs, et plus près de nous, l’avortement, l’adultère, l’homosexualité, l’outrage aux mœurs par la voie du livre… – La Pétition : http://codedo.blogspot.com/2008/10/
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