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![]() Pour le droit a un toit : moratoire sur les expulsions![]() Source : Coordination des travailleurs sociaux de seine-saint-denis / 19/02/03 Attendu que la mission première des travailleurs sociaux est d’aider les personnes à accéder à leurs droits et que le droit au logement est un droit fondamental. Attendu que l’Etat demande aux travailleurs sociaux de mettre en œuvre des mesures d’insertion pour les personnes défavorisées et que ce travail est incompatible avec l’absence d’hébergement et de perspective de logement, Attendu que les travailleurs sociaux doivent participer à la lutte contre les exclusions et à la prévention sanitaire et socio-éducative auprès des populations dont ils ont la charge et que l’absence de logement au contraire aggrave l’échec scolaire, détruit la santé, délite les liens sociaux et familiaux et entretient l’exclusion, Constatant la très forte augmentation des demandes de concours de la force publique, Constatant que l’état actuel du parc locatif ne permet pas de respecter la loi qui exige que toute expulsion locative soit accompagnée d’une solution, Constatant que la charte départementale de prévention des expulsions est inopérante, Constatant que les mesures de prévention des expulsions locatives prévues dans les textes législatifs et réglementaires ne sont pas utilisées dans de nombreux cas, Constatant qu’en expulsant l’Etat français contribue à l’insécurité et n’assure pas la protection des personnes qui vivent sur son territoire, Constatant que cette situation conduit les travailleurs sociaux à ne plus pouvoir exercer la plupart de leurs missions auprès des populations qui en relèveraient prioritairement, Nous exigeons un moratoire sur les expulsions Nous revendiquons les moyens d’un accès au logement pour tous. Nos Propositions pour la mise en place d’une véritable Charte de prévention des expulsions (dont l’élaboration serait le fruit d’un travail de concertation avec les différents acteurs du logement) : Les aides à la personne :
Le FSL et le Concordat :
Mesures diverses :
Bobigny, le 9 avril 2004 Pour le logement :
Pour l’hébergement :
*Centres Maternels
Les mesures que nous proposons peuvent et doivent faire l’objet de décisions applicables sans délai. Certaines feront sentir leur effet immédiatement, d’autres prendront davantage de temps comme bien sûr la construction de logements sociaux. Certains aspects du problème sont certes de la prérogative de l’Etat. La question du logement et de l’hébergement est d’une responsabilité politique et nationale. Devant l’ampleur du drame, l’Etat ne peut plus se désengager et doit prendre la mesure de l’urgence, ainsi que des mesures qui s’imposent à plus long terme. Mais la Région a aussi des pouvoirs et des moyens y compris financiers. Il est de sa responsabilité de les mettre en œuvre. Il y a également ici des élus qui siègent à l’Assemblée Nationale ou font partie de formations politiques ayant des députés et des ministres au gouvernement. Nous répétons que notre revendication doit être entendue à tous les niveaux. Parti de Seine-Saint-Denis, où la situation est particulièrement dramatique, notre mouvement trouve un écho très fort dans la plupart des départements d’Ile de France et même au-delà. Il doit être apprécié à sa juste valeur par tous les acteurs qui interviennent dans le domaine du logement, comme le signe d’un profond malaise dans notre pays, où le fossé se creuse malheureusement encore entre "la France d’en bas" et les décideurs. L’ascenseur a touché le fond, les liftiers que nous sommes sont bien décidés à l’aider à remonter. Bobigny, le 25 février 2003. Assises régionales POUR LE DROIT A UN TOIT POUR TOUS(Intervention de la Coordination aux Assises Régionales du Logement le 25 février 2003 à Paris) La manifestation qui a lieu aujourd’hui, à l’appel de la Coordination des travailleurs sociaux, aux portes de cette assemblée exprime la mobilisation des acteurs sociaux et de la population pour dénoncer la pénurie de logements et de structures d’hébergements dignes de ce nom. Notre pétition a déjà recueilli plus de 8000 signatures. Nous nous adressons à vous dans ces assises pour exprimer l’exigence d’un plan d’urgence en faveur du logement. Un mouvement de grande ampleur pour le droit au logement pour tous est né de la révolte des travailleurs sociaux face à la situation intolérable à laquelle ils sont confrontés quotidiennement : Des personnes isolées, parfois malades, handicapées, des vieillards, des familles entières, des femmes avec des nourrissons, survivent dans la rue faute d’un logement décent. D’autres sont hébergés dans des logements insalubres, dans des chambres de foyers surpeuplés, dans des hôtels minables à des prix exorbitants ou bien se trouvent dans l’obligation de squatter des bâtiments déclarés en péril. Le Droit au Logement, pourtant inscrit dans la Déclaration Universelle des Droits de l’Homme, dans la Déclaration des Droits de l’Enfant, dans la Charte des Droits Fondamentaux, dans la Loi Besson, dans la Loi Gayssot, dans la Loi Contre les Exclusions, est honteusement bafoué en France ! Pourtant, nous savons tous que de nombreux logements sont inoccupés, à cause de critères d’attribution discriminatoires, entre autres. Les résidents des centres d’hébergement, faute de proposition de relogement, y restent plus longtemps que prévu. Les foyers Adef et Sonacotra sont complets. Même les centres d’hébergement d’urgence, qui ne sauraient remplacer durablement un logement décent respectant l’intimité et la sécurité des personnes, ne sont plus en mesure de répondre à la demande. Les hôtels affichent complet et les sources de financement des nuits d’hôtel se tarissent. Les hôpitaux en crise n’ont pas les moyens d’assurer leur fonction d’asile, y compris dans les cas les plus dramatiques. Quotidiennement, des sans-abri y passent la nuit assis sur une chaise aux urgences. Ce n’est pas à nous que l’on fera croire que les moyens existent et qu’il suffit de savoir bien orienter les gens et bien utiliser les dispositifs pour régler le problème ! Les travailleurs sociaux, vous le savez, n’ont d’autre outil à leur disposition, pour répondre à la détresse de ces personnes que l’appel au 115, qui est totalement saturé et n’a rien à proposer que quelques places, pour une nuit seulement. La publicité qui lui est faite dans les médias nous scandalise d’autant plus. Les travailleurs sociaux ne peuvent pas assurer leur mission première qui est d’aider les personnes à accéder à leurs droits. Aucune action éducative, aucun projet de réinsertion ne peut même être amorcé dans de telles conditions. La santé de ces populations est gravement compromise et face à cette violence qui leur est faite, certaines personnes ne peuvent réagir elles-mêmes que par la violence ou la dépression. La pénurie de logements sociaux, vous qui participez à ces Assises du logement en Ile-de-France, vous en avez connaissance, vous disposez pour cela de tous les moyens nécessaires : fichiers des demandeurs de logements centralisés dans chaque préfecture, statistiques, rapports, dispositifs légaux de lutte contre l’habitat indigne, de lutte contre le saturnisme, Fonds de Solidarité Logement et avis de relogement prioritaire, qui évaluent et comptabilisent les demandes de logement des personnes les plus mal logées, enquêtes, expertises etc... Un certain nombre d’entre vous sont à des postes de pouvoir et de décision au niveau gouvernemental, régional, départemental, municipal, avec souvent aussi des responsabilités dans les organismes bailleurs HLM. Nous ne ferons donc pas ici une longue démonstration chiffrée. Depuis des années, l’insuffisance des structures et des moyens, le manque de cohérence et l’inadéquation des dispositifs, le morcellement des politiques publiques, le désengagement des pouvoirs publics, de certaines municipalités et de l’Etat en particulier, l’absence totale de politique du logement social à long terme, sont responsables de cette situation inacceptable, qui engendre un coût social et humain considérable. Les orientations gouvernementales actuelles aggravent encore la situation : restrictions budgétaires, transferts de charges, remise en cause des acquis, politique répressive. Les travailleurs sociaux refusent d’être instrumentalisés et de cautionner ce déni de droit et cette politique incohérente qui vise à exclure toute une partie de la population, à criminaliser la pauvreté, à culpabiliser les citoyens et les professionnels, en tournant le dos à la prévention et en gaspillant les fonds publics. Ils veulent être entendus à la fois comme témoins directs de la misère engendrée par cette politique, porte-parole des véritables besoins des populations qui s’adressent à eux, mais aussi acteurs dans l’élaboration des politiques sociales. Avec la population et l’ensemble des partenaires concernés, salariés des services publics, associations, ils demandent que soit affirmée et mise en œuvre la volonté politique de remédier à la pénurie de logements et d’assurer un logement décent pour tous. Dès à présent, nous sommes en mesure d’avancer des propositions à la fois pour des mesures d’urgence et pour la construction d’une véritable politique du logement social à long terme, qui pourraient être approfondies grâce à une table ronde sur la question du logement : un logement pour tous Des témoignagesLe 13 mars 2004 à Paris Moi, je suis là depuis 84 avec mes huit enfants. Je suis dans un appartement très humide, quatre pièces. Il y a des rats. C’est un appartement très vieux. Tout le temps les enfants sont malades et asthmatiques aussi. ON VEUT UN LOGEMENT pour mieux vivre. Anonyme J’ai un problème de logement. On est dans un F2. Huit personnes dont six enfants. J’ai fait la demande à la mairie toute l’année. J’ai fait la demande aussi aux allocations familiales. Toujours il y a rien. Mes enfants ont des problèmes pour faire les devoirs. Ils ne peuvent pas se réveiller le matin. Mme M. Depuis 1997, je demande aux organismes HLM et mairie de me reloger. J’ai un F2. Je vis avec mes deux enfants de sexes opposés, mon mari et je suis enceinte. Je désire être relogée dans un appartement plus grand, les organismes me disent tous qu’il n’y a pas de logement. Mme TR. Bonjour. N. de Bondy Hébergée avec mes trois enfants dans un petit studio Je suis hébergé depuis février 2002 chez quelqu’un que j’ai rencontré dans la rue. Mr AB. de Stains. A la rue depuis avril 99, je suis malade, j’ai un enfant diabétique qui ne peux pas suivre son traitement car on est à la rue, j’aurais du me faire hospitaliser mi-janvier je n’y suis pas allée et j’ai laissé mes enfants à la rue. Aidez-nous. Mme R. Je suis mal logée. J’ai trois enfants. Je vis dans un pavillon. C’est trop humide. Il y a des rats et des cafards. Je veux avoir un logement pour mieux vivre. Mes enfants sont toujours malades. Mme D. Je vis seule avec trois enfants âgés de 5, 7 et 12 ans à ma charge. Je suis séparée de mon mari depuis deux ans. Fin 1999, nous sommes venus à Bondy dans un "appartement relais". C’est un vrai logement, mais il n’est pas à nous. On m’ordonne de le quitter le plus rapidement possible alors que nous n’avons pas de solution. Pendant ces treize années, je me suis mariée, j’ai eu trois enfants et je me suis séparée de mon mari, en grande partie à cause de nos problèmes de logement. C’est presque toute une vie qui s’est passée dans la rue. Je suis usée par ces treize années de lutte. Les enfants vont mal. On menace de me les retirer. Mme S. de Bondy J’habite avec mon mari et mes dix enfants dans un pavillon. Mais, ce pavillon est pourri. Quand il pleut, il y a de l’eau partout dans la maison. Mme W. de Pantin. Je vis avec ma femme et quatre enfants (7 ans, 6 ans, 5 ans et 4 ans) dans une chambre de 28 m2, sans chauffage central. Mr B. de Pantin. Je suis française, femme seule avec cinq enfants scolarisés. Je suis hébergée depuis plus d’un an dans un appartement de type F3. Les enfants dorment par terre, nous sommes entassés. Une demandeuse de logement de Bondy. J’ai 43 ans. Je suis handicapé depuis deux ans par une sclérose en plaque. Mr B de Bondy J’ai une fille âgée de 16 mois et j’attends un deuxième enfant qui est prévu pour le mois de mai. Mon problème, c’est le logement parce que on est hébergé chez madame S. provisoirement depuis le 30 septembre 2002. On vit une vie pénible parce que on a pas de quoi dormir. On dort par terre et je me sens pas bien moralement parce que la dame ne me supporte plus. Elle est malade et a besoin de repos. Je me retrouve dans cette situation parce que j’avais du fuir la violence de mon mari. Sinon, je me retrouverais pas dans cette situation. J’aurais un logement sans problème. J’ai peur de ce qui va se passer après la naissance du deuxième enfant. Mme E. de Bondy. Je suis hébergé avec le 115 jusqu’au 3 février avec deux enfants âgés de sept et deux ans et demi. Mme R. de Bobigny. unlogementpourtous *transformé en centre d’hébergement d’urgence du 115 (ndlr) 19/02/03 Sur le même sujet :
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